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Pollinisateurs noirs et jaunes

Bonjour chère communauté du Silo!

Avez-vous fêté la journée de l’abeille hier? Non? Vous ne le saviez pas? Eh oui, le 29 mai est dédié à l’abeille! J’en profite donc pour vous parler du travail extraordinaire de ces petites bestioles et, bien évidemment, de leur création, le miel.

Gardiennes de la biodiversité

Saviez-vous que l’abeille aurait 80 millions d’années d’ancienneté sur Terre? Autrefois, cet insecte était vénéré par plusieurs civilisations; on le surnommait même « insecte qui côtoie Dieu » ou « acolyte de la Grande Déesse ». Un peu démesuré vous trouvez?  Je crois plutôt qu’ils avaient un point! En fait, si on prend conscience de l’importance de leur rôle dans la biodiversité et l’agriculture, on se rend vite compte que c’est un statut bien mérité! Einstein aurait d’ailleurs dit : « Si l’abeille devait disparaître de la surface du globe, l’humanité n’aurait plus que quelques années à vivre ». Pas si fou que ça ce monsieur Einstein, puisque 70% des végétaux abeille fleurs pollinisation reproduction environnement agriculture biodiversitequi sont à la base de notre alimentation dépendent directement de la pollinisation par les insectes[1]. En effet, sans ces petites bêtes jaunes et noires, nous devrions dire adieu à de nombreux aliments comme : pommes de terre, oignons, fraises, café, citrouilles, carottes, tournesols, pommes, amandes, courgettes, concombres, tomates, cacao et plus encore! Malheureusement, malgré leur importance cruciale, plusieurs de nos pratiques mettent leur existence en danger. La monoculture (et la perte de la biodiversité qu’elle engendre), les pesticides, les OGM, les abus d’antibiotiques dans les ruches et le transport des ruches sur de longues distances sont quelques exemples des menaces qui pèsent sur les abeilles.

Pas de chômage ici!

Les abeilles sont des insectes très travaillants : pour produire un kilo de miel, elles doivent se poser sur pas moins de quatre millions de fleurs, en raison de 7000 fleurs par jour, ce qui équivaut à environ 14 000 heures de travail! Ouf, ça en fait du butinage! Suite à leurs nombreux voyages, les abeilles vont déposer le nectar qu’elles auront récolté dans les alvéoles de la ruche. La ventilation à l’intérieur de la ruche créée par le battement de leurs ailes transformera ensuite le nectar en un délicieux liquide sucré, le miel!

Du miel, il y en a pour tous les goûts!

C’est hallucinant le nombre de variétés de miel qui existent de nos jours! Certaines saveurs de miel dépendent de la période de butinage (miel de printemps, d’été ou d’automne), mais la plus grande variété est obtenue selon l’espèce de fleur butinée. Les plus connus sont généralement à base d’acacia, de trèfle, de fleurs sauvages (comme celui du Silo), de bleuets, de pommier ou de sarrasin, mais les miels de spécialité se multiplient : tilleul, lavande, thym, romarin, pissenlit, menthe, châtaignier…et j’en passe! Saviez-vous que le miel le plus cher au monde serait un miel rare du Yémen aux propriétés aphrodisiaques, soit celui du jujubier sauvage? Bref, à chacun son miel!

Pasteurisé ou non pasteurisé, là est la question!

La pasteurisation consiste à chauffer le miel pour réduire les risques de cristallisation et détruire les levures responsables de la fermentation. À première vue, la pasteurisation semble désirée puisqu’elle assure une conservation plus optimale du produit. Cependant, après avoir discuté avec David Marchand-Duchesneau, miel pasteurisation pollinisation biologique quebec estrie saveur fleur butinageapiculteur de la Ferme Api M.D., ce n’est pas si « noir et blanc » que ça! En fait, le miel non-pasteurisé, comme celui que vous achetez au Silo, serait de meilleure qualité puisqu’il conserve des éléments qui sont naturellement présents lors de la récolte: on y retrouve des enzymes (qui, dans le cas du miel pasteurisé, sont détruites par le processus de chauffage), ainsi que du pollen, de la cire et de la propolis (car le miel est peu filtré). De toute manière, la cristallisation n’est qu’un processus naturel (et non un indice de détérioration) et un bon apiculteur sait à quelle humidité le miel doit être extrait pour éviter la fermentation. Donc, si vous achetez votre miel d’un apiculteur qui sait ce qu’il fait, la pasteurisation n’est pas nécessaire…et même, non désirée!

Bio ou non bio, là est une autre question!

Pour ce qui est de l’apiculture biologique, on y retrouve des critères similaires à ceux rencontrés en agriculture biologique. Par exemple, les produits utilisés contre les ravageurs sont contrôlés et la miellerie doit s’assurer qu’un rayon de 3 km autour de chacun des ruchers est exempt de pesticides et de cultures OGM. Sans aucun doute, l’apiculture biologique aide donc à protéger les abeilles et, parallèlement, la biodiversité. Toutefois, si l’on connait d’où vient notre miel, il n’est pas toujours nécessaire d’exiger la certification biologique…et d’en payer le prix! En fait, il est plus important, à mon avis, de rechercher des miels 100% québécois qui, contrairement à certains miels commerciaux, n’ont pas été mélangés avec des miels importés, par exemple, d’Argentine, de Chine, des États-Unis ou de l’Ouest canadien. C’est d’ailleurs le cas du miel au Silo : un produit de qualité fait en Estrie même par des apiculteurs soucieux de la santé de leurs abeilles et de l’environnement!

Le miel, ce n’est pas pour les bébés!

Le botulisme infantile est une maladie rare causée par la Clostridium botulinum, une bactérie qui, lorsque ingérée, produit un poison dans l’intestin. On dit « infantile » puisque les enfants sont beaucoup plus à risque vu leur flore intestinale immature permettant la multiplication de la bactérie. Pourquoi je vous parle de cette maladie? Parce qu’au Canada, le seul aliment lié au botulisme infantile est, vous aurez deviné, le miel! C’est pourquoi Santé Canada recommande de ne pas donner de miel aux nourrissons de moins d’un an. De plus, que le miel soit pasteurisé ou non ne change rien puisque ce traitement ne détruit malheureusement pas la bactérie en cause. Pour les enfants plus âgés et les adultes, il n’y a pas de danger!

Alcool et miel : un cocktail parfait!

Vous aimez boire de l’alcool mais n’êtes pas très fervent de ses effets secondaires? Le miel est à la rescousse! En effet, certaines études auraient démontré que le miel, consommé simultanément avec l’alcool, augmenterait le taux d’élimination de cette dernière de 30%! Cette élimination plus rapide aurait comme résultat de diminuer l’intensité des symptômes causés par l’alcool. À essayer si vous ne voulez pas avoir l’air trop « pompette » lors du prochain party d’employés…

Le miel, un antibactérien?

Le miel pourrait servir dans le traitement de certains troubles gastro-intestinaux mineurs comme l’inflammation ou un ulcère gastrique de par son effet antibactérien. En effet, le miel ralentirait la prolifération des bactéries puisqu’il diminue leur adhérence aux cellules de notre intestin. Malheureusement, aucune étude n’a vraiment été effectuée pour évaluer le potentiel antibactérien du miel; ce sont donc, pour l’instant, des hypothèses non prouvées, mais probables.

Un peu de flavonoïdes avec ton miel?

Le miel contient des flavonoïdes, des molécules aux propriétés antioxydantes. Comme nous le savons bien, les antioxydants neutralisent les radicaux libres, ce qui diminue les dommages à nos cellules causés par ces derniers et du fait même, les risques de maladies cardiovasculaires, de certains cancers et du diabète de type 2. Règle générale : plus le miel est foncé (comme celui du tournesol ou du sarrasin), plus il contiendra de flavonoïdes. Ceci étant dit, il ne faut pas oublier que le miel reste un sucre et que la quantité d’antioxydants qu’il contient est minime…mais il représente quand même un choix plus intéressant, par exemple, que le sucre blanc (voir mon article sur la comparaison des sucres pour plus de détails).

En conclusion, restons alertes lorsque nous faisons des choix à l’épicerie et encourageons nos apiculteurs locaux! La santé de nos abeilles (et parallèlement, de notre environnement et de la biodiversité) en dépend!

Un gros merci à David Marchand-Duchesneau, apiculteur de la Ferme Api M.D., pour les informations précieuses!

 

Le 8 juin prochain sera la Journée Mondiale des océans. Non seulement génèrent-ils la moitié de l’oxygène que nous respirons, mais ils régulent également la température du globe et soutiennent la majorité de la biodiversité de notre planète. Ils sont en fait le cœur de la Terre! Pour souligner cette journée, je vous parlerai de la pêche responsable, qui constitue un petit geste pour protéger nos océans!

 

On se dit à la semaine prochaine. Passez une belle journée!

Marie-Christine, nutritionniste du Silo épicerie bio-vrac

 

[1] http://www.davidsuzuki.org/fr/modedeviecie/cuisine-et-nutrition/la-face-cachee-du-miel.php

Marie-Christine Parent

Marie-Christine Parent

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